dimanche 9 décembre 2007

A Tahiti, on n'a pas de pétrole, mais on a les Pléïades

Et avec les Pléïades, c'est l'abondance assurée pour des semaines et des semaines mes amis. L'abondance vous dis-je! De quoi pleinement rassurer plus d'un électeur un peu inquiet pour l'avenir du futur du péi.

Chaque année en novembre, ce petit amas d'étoiles (M45 pour les puristes) se lève à l'Est pendant qu'au même instant, à l'Ouest, le soleil se couche. Malgré tout ce qu'on a pu raconter dans les médias, c'est pas plus compliqué que ça. Rien d'ésotérique, de surnaturel, pas de connaissance astronomique époustouflante digne des Dogons, peuple primitif d'Afrique doué d'étonnantes connaissances astronomiques.

Grâce aux Pléïades, notre vie sous l'ère Temaru sera placée sous le signe de l'abondance. Donc rien à craindre pour l'avenir...

On aura donc toujours des 4x4 avec plein d'essence dedans, des routes ad hoc, de l'électricité pendant bien plus de 3h par jour comme à Bagdhad, des administrations qui tournent comme il faut, des magasins remplis de denrées fraichement débarquées de Tatou Manureva, enfin bref l'abondance quoi.

Au moins pendant six mois de l'année, jusqu'à ce que les Pléïades se couchent, en mai. Après ce sera disette, en attendant patiemment le novembre api et les Matari'i.

Quelle belle vie nous aurons alors, nous autres en Polynésie, avec notre Président à vie Oscar 1er (déjà président à vie du Tavini alors pourquoi pas président à vie de Tahiti Nui), des gentils médecins des Fidji, du rau tahiti dans les pharmacies, des écoliers qui auront enfin des programmes spécial Polynésie (c'est vrai que les maths, l'anglais, l'espagnol, etc.. c'est inutile) bref un super chouette pays.


Un peu de patience, c'est peut être pour seulement dans quelques mois.

Le temps que tout se mette progressivement en place.

Franchement, L'Etat, avec ses 160 000 000 000 XPF (160 milliards F) versés chaque année à la Polynésie, il fait vraiment pas le poids en face des Pléïades...

Cette histoire de Pléïades est un aussi parfait exemple de la totale inefficacité des idées d'Oscar ma. Du vent, du bluff, de l'esbrouffe. Demandez autour de vous comment on fait pour les voir, ces fameuses Pléïades...pratiquement personne ne sait où elles se trouvent et à quoi elles ressemblent.

Il était pourtant si facile de dire qu'il d'abord répérer à l'est vers 21h Orion avec ces 3 étoiles alignées bien caractéristiques, en suivant l'alignement de ces 3 étoiles vers le Nord, on tombe directement sur nos étoiles à plus de 160 milliards...
(cliquer pour agrandir)

C' est très bien d'inciter les gens à regarder vers le ciel et à retrouver leurs racines - à condition que ce ne soit pas des racines & des haines - , mais vu le prix dépensé chaque année depuis 2 ou 3 ans pour cette campagne Mata'arii, le rendement est très proche de zéro.

Tout à fait à l'image des autres idées d'Oscar ma: Te Autaeaeraa (pour retrouver ce nom là sur internet, j'ai dû googler " Drollet+usine à gaz"...), le SMIG-SMIC à 150 000F et l'inflation qui va revenir au galop, etc..

Avec des visionnaires et des gestionnaires comme ceux là, on peut à coup sûr parier que le comptes du péi seront bien équilibrés d'ici quelques années...

Sans compter qu'avec -20% de touristes prévu pour 2008, notre jeune et dynamique ministre api du tourisme Marc Collins, a priori un des rares de l'équipe à savoir de quoi il parle, a du mouron à se faire, et ce n'est pas en conseil des ministres (exclusivement en langue tahitienne comme du temps de Pia Hiro, alors que tout comme elle, M. Collins ne maitrise pas cette langue ...) qu'il va pouvoir faire avancer les choses.

Etonnant d'ailleurs ce qu'on peut trouver sur internet à propos de Marc Collins...:

1°) Photos de Marc Collins (un homonyme je suppose!)
2°) Entreprise Temaru & Collins (là, je pense que c'est le bon...)
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dimanche 2 décembre 2007

Retraites: joli de coup de poker menteur

Amendement sur les retraites: repoussé en 2008

Cette nuit la commission des Finances a retiré l’amendement au projet de loi de finances pour 2008 qu’elle avait déposé dans ce sens. Elle s’est rendue aux arguments du ministre du Budget Eric Woerth qui a promis d’aborder cette question à l’occasion du rendez-vous 2008 sur les retraites.

Cette réforme concerne 32.000 fonctionnaires installés à la Réunion, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Saint-Pierre et Miquelon et qui bénéficient de suppléments de retraite qui peuvent aller de 35 à 75% selon les territoires. Ce dispositif a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part de la Cour des comptes, en raison de son coût, estimé à 330 millions d’euros en 2008, de son caractère inéquitable par rapport aux autres retraités, et de la difficulté d’en contrôler effectivement les conditions de résidence.

Aux termes de l’amendement présenté par l’ancien ministre UDF Jean Arthuis et qui a donc été retiré, le bonus instauré pour compenser le coût de la vie dans les territoires ultra-marins aurait été réservé "aux seuls bénéficiaires de cet avantage à la date du 1er janvier 2008 qui remplissent la condition de résidence effective à La Réunion, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Mayotte, en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie". Il serait resté plafonné au montant versé à cette date et aurait été "ramenée à 35% du montant en principal de la pension, à partir du 1er janvier 2008, pour les personnes qui ne sont pas nées dans ces territoires ou qui n’y ont pas été en poste pendant les cinq années précédant la liquidation de leur pension". En outre, "les agents cessant de résider dans ces territoires, ou s’absentant de ceux-ci plus de quatre-vingt jours par an", en auraient définitivement perdu le bénéfice.

Voir France Info pour plus de détails

Cet amendement, tellement mal rédigé qu'on ne sait pas vraiment qui obtient quoi -différentes versions et interprétations circulent-, n'était donc qu'un contre-feu, une diversion, et un avertissement.

Les politiques du fenua étaient braqués sur le nouveau statut "imposé" par l'Etat, cet amendement a permis de changer de sujet, de remettre les pendules à l'heure.

Cette manoeuvre montre aussi à qui veut bien l'entendre à quel point l'économie du Fenua est fragile et dépendante du bon vouloir de Paris.

En cas de rupture pour cause de réélection d'Oscar ma en février, on ne pourra pas dire qu'on n'avait pas été prévenu lorsque les choses tourneront au vinaigre pour de bon.

En lisant l'article de France Info, on voit que le sujet des retraites risque de revenir sur le tapis en 2008.

Maintenant, chacun se dispute la paternité de cette victoire, et notamment Gaston Flosse parcequ'il a suggéré que toute l'assemblée s'unisse sur ce point, et Gaston Tong Sang parcequ'il avait envoyé un courrier en ce sens à C. Estrosi.

Il me semble pourtant qu'il s'agissait d'un simple avertissement, Paris avait décidé de faire peur et de remettre les choses à leur place. L'amendement, à mon avis, devait être retiré de toute façon.

On se souvient que toute cette histoire de retraites indéxées a été vulgarisée par l'émission de M6 Capital, présentée par Emmanuel Chain, avec pour invité un certain Gaston Flosse.

On se rappelle surtout l'embarras de ce dernier lorsque le présentateur lui a demandé la valeur de son patrimoine.

G. Flosse avait d'abord répondu en parlant de ses revenus au lieu de son patrimoine.

M. Chain ayant recadré la question, notre Président de l'époque n'avait pas pu répondre, embarrassé, il n'avait aucune réponse à donner au sujet du montant, même approximatif de son patrimoine.

"On aurait dû me demander avant" avait-il bredouillé, tel un petit garçon pris les doigts dans le pot de confiture.

Qu'il serait bon de revoir cette vidéo.



vendredi 30 novembre 2007

Retraites: message reçu 5-5

Après des années de tergiversations autour de l'indexation des retraités de l'Etat venant s'installer en Polynésie, cette fois c'est quasiment fait: l'indexation sera supprimée pour les nouveaux arrivants dès janvier 2008.

L'amendement déposé par le sénateur Jean Arthuis plafonnera l'indexation des pensions à 35% pour les personnes non nées en Polynésie où qui n'y étaient pas en poste cinq ans avant leur départ à la retraite, et supprimera l'indexation pour ceux qui prendront leur retraite à compter du 1er janvier 2008.

Naturellement tout le monde s'offusque, tous partis politiques confondus, compte tenu du manque à gagner pour le territoire.

Certains s'offusquent plus que d'autres. Le sénateur notamment, qui semble avoir saisi la balle au bond, et qui va tenter de récupérer le vote des retraités, dont certains regardaient peut être plus du côté de GTS Bouissou ces derniers temps, pour le compte du Tahoera'a.

Histoire aussi de faire oublier la nouvelle casserole qui vient enrichir sa quincaillerie:

Cour de Comptes: sont mis en cause dans les contrats cabinet de la Présidence: Gaston Flosse, Edouard Fritch, les deux députés de Polynésie française, Michel Buillard et Bruno Sandras, plusieurs maires et actuels représentants à l'Assemblée de Polynésie française, tels Jacques Vii (Punaauia), Marcellin Lisan (Huahine), Thomas Moutame (Taputapuatea, Raiatea), ou encore le syndicaliste Cyril Le Gayic (CSIP).

Les faits remontent aux années 1996 à 2004, les personnes mises en cause ayant disposé au cours de cette période de contrats cabinet de la Présidence de la Polynésie tout en officiant en fait dans diverses communes ou dans des organismes syndicaux. La décision d'avril 2006 ordonnait, qu'au total, ces personnes soient amenées à rembourser 308 millions Fcfp (environ 2,6 millions d'euros) perçus de manière non réglementaire.

Voir Tahitipresse pour plus de détails.

Le signal envoyé par Paris est clair: "Les comptes de l'Etat sont tels que, si Oscar Temaru est réélu en février prochain, on passe à l'étape suivante: désindéxation des actifs pour commencer, puis dévaluation du XPF quand Wallis et la Nouvelle Calédonie passeront à l'Euro, .... sans nous.

Etape suivante: référendum d'auto-détermination sur l'indépendance, avec au préalable un savant mécanisme bilatéral d'envenissement des relations Fenua-Etat, afin de forcer un peu les choses.

samedi 24 novembre 2007

Sans dollar le baril.

On a cru que le baril allait franchir les 100$ il y a quelques semaines, pour finalement refluer un peu.

Mais ce n'est que partie remise, il prend de l'élan.

Les 100$ seront probablement bientôt pulvérisés, ce n'est qu'une question de temps.

Comment, ici en Polynésie, en plein milieu du Pacifique, allons nous vivre le pétrole cher, très cher ?

Et que pouvons nous faire ?

Déjà, on pourrait essayer de persuader tout le monde de rouler un peu moins vite, d'arrêter la climatisation quand il ne fait pas hyper chaud, de ne pas laisser les voitures (+ clim) en marche, seules, quand on va à la boite postale, magasins, etc...

Et il faudrait cesser l'importation de gros 4x4 ridicules (il faut parfois un permis camion pour certains d'entre eux...).


Bref, convaincre tous ses proches de faire ça, ...et le faire soi même pour commencer.

Mais ça risque de ne pas être suffisant.

Le prix des billets d'avion explose avec celui du baril et ça va continuer.

On va donc se retrouver de plus en plus isolé.

Le fret sera plus cher (en avion bien sur, mais aussi en porte conteneur, fonctionnant au fioul lourd, moins cher, mais qui montera lui aussi)

Nos touristes réfléchiront à deux fois avant de prendre l'avion pour voir nos beaux lagons (le seront-ils encore ?) , pour ensuite essayer d' acheter des bricoles importées encore plus cher à cause du fret.

Pour les touristes américains, déjà moins nombreux qu'avant, la baisse du dollar devrait les dissuader encore plus de venir passer leurs maigres deux petites semaines de vacances annuelles par ici.

Comment dans ces moments difficiles ne pas comprendre qu'il est suicidaire de couper le cordon avec la France, avec l'Europe.

Sans argent solide, avec une monnaie de singe (La Nouvelle Calédonie et Wallis auront l'Euro, nous le dollar tahiti, ou quelque chose du genre, bien dévalué par rapport au XPF d'aujourd'hui), qu'allons nous pouvoir acheter ?

Les élections approchent, et l'équipe GTS-Bouissou (cf tahitisondage), en s'unissant a peut être une chance de devenir la première force autonomiste du pays, devant le Tahoera'a, lequel ne pourra pas faire autrement que de se raccrocher au wagon.

Et ainsi de renvoyer à Faa'a le golfeur le plus célèbre du péi.

Mais nous n'en sommes pas encore là. Bien que le peuple de Polynésie soit -me semble-t-il- plutôt autonomiste, la division centésimale de ces derniers risquent de propulser Oscar ma vers le poste suprême pour cinq ans, avec le pouvoir de nuisance qu'on lui connait.

De son côté, Nicolas Sarkozy ayant toutes les peines du monde à remplir les caisses de l'Etat, trouvera, en cas de victoire d'Oscar, une légitimité tout neuve pour faire des économies.

Un réferendum sera organisé, savamment orchestré par les deux côtés:

* Oscar qui crachera toujours plus sur les faranis
* L'Etat, qui souflera sur les braises, pour se débarrasser de cette lointaine contrée pas si indispensable que ça.

Que GTS et Buissou s'entendent, et vite, c'est peut être le seul moyen.

mardi 13 novembre 2007

UPLD: Petit problème d'élection

Depuis qu'Oscar et Flosse ont compris que la population ne les suivait peut être pas aveuglément là où ils auraient voulu, les élections de janvier 2008 - et février pour le deuxième tour -(élections tant réclammées et suppliées depuis des mois) sont devenues "anti-démocratiques". En matière de mauvaise foi, il faut quand même le faire.

Ils ont tous les deux un petit problème d'élection.

Plus beaucoup de membres actifs, les drapeaux sont en berne.

Oscar parle même de boycotter ces élections.

Le seuil pour participer au 2e tour a pourtant été revu à la hausse, à leur demande, mais non, cette élection de janvier 2008, ils ne la sentent plus.

Pourtant, remonter les seuils n'est pas pour aider les petites listes, ils devraient se satisfaire de cette victoire qui devrait effectivement permettre d'obtenir une assemblée plus homogène.

Alors ?

Alors, ils ont peur. Peur d'un GTS qui séduit et rassure davantage les Polynésiens.

Peur d'un Bouissou qui inspire confiance dans la population.

Le joli bleu ciel du Tavini se couvre de nuages on dirait.

dimanche 4 novembre 2007

Mais où qu'il est ?

C.Estrosi est rentré en France après son périple d'une semaine en Polynésie: Tahiti (où il y a rapidement vu Oscar, le premier jour), puis Bora Bora, les Marquises, Tuamotus, etc..

Ce fut le seul moment de rencontre entre les deux hommes.

On a ensuite cherché Oscar partout. Il n'était pas là où il aurait dû, même lors de la visite des maison incendiées de Faa'a, sa "propre" commune.

Mais où qu'il est donc ? Parti faire un golf ? Coupe du monde de quequ'chose ?

Il ne va probablement pas tarder à apparaitre dans les journeaux télévisés de RFO et TNTV afin de cracher son venin sur l'Etat et son manque de démocratie.

Du haut de ses 44%, c'est bien le moins qu'on puisse attendre de lui.

Visiblement, le ministre des DOM TOM POM (en fait secrétaire d'Etat) voulait voir la Polynésie, en vrai, et rencontrer les Polynésiens. C'est chose faite.

On peut trouver le personnage remuant, le sourire trop facile et figé, la tchatche à foutre le cafard à un vendeur de voitures, mais il a tout de même montré que l'Etat était de retour, y compris dans les contrôles des comptes du fenua.

L'ancien ministre Harry Potter (F. Barouin) avait un style plus simple, mais aussi plus neutre.

C. Estrosi est donc allé aux Marquises où Guy Rauzy a déclaré: "Dans l'hypothèse désastreuse d'une séparation entre Tahiti et la France, les élus des Marquises, souhaitent ardemment aujourd'hui comme en 1973, conserver impérativement des liens constitutionnels avec la République Française ; seule garante de l'avenir de nos enfants".

Christian Estrosi est ensuite allé aux Tuamotus où Teina Maraeura, le tavana de Rangiroa a déclaré: "Dans l'hypothèse où Tahiti se prononcerait pour se séparer de la France, la population puamotu souhaite ardemment conserver les liens constitutionnels avec la République".

Fichtre, voilà qui est à la fois rassurant et alarmant. Rassurant parcequ'on se dit que si Oscar ma gagne tout de même son pari, il devrait pouvoir subsister quelques irréductibles ilots français parmi les 5 archipels de la Polynésie Française, pardon "Tahiti Nui".


Alarmant aussi, parcequ'on voit qu'on est de plus en plus près de la ligne rouge.

vendredi 2 novembre 2007

Avec le recul, c'est plus clair.

De près, ça peut sembler assez séduisant.

On pense avoir à faire à une équipe d'hommes & femmes (très peu de femmes en fait dans ce gouvernement), simples mais globalement efficaces, qui vont gérer le pays comme des "bons pères de familles".

Oscar, l'oeil toujours humide de tendresse devant les caméras, semble pour certains être l'homme de la situation, après des années Flosse que beaucoup disent épouvantables.

Bref, de près, on comprend qu'il puisse en séduire quelques-uns.

Pourtant, avec le recul de ces deux années 1/2 de gouvernance cahotique d'Oscar, on commence à perçevoir l'impact de ces années Temaru sur la situation de la Polynésie.

En étudiant la revue économique Atlas-éco, (2004, 2006 et 2007) que tout le monde peut se procurer, on s'aperçoit que la Polynésie, classée parmi les 40 premiers pays de la planète en terme de PNB par habitant, a perdu quelques places depuis 2004, c'est-à-dire depuis l'arrivée au pouvoir de l'équipe Temaru.

Ainsi, on constate simplement que sous l'ère Flosse, la Polynésie gagnait régulièrement quelques places au classement mondial, en terme de PNB par habitant.

Depuis 2004, tout s'est inversé, et la Polynésie perd des places, parmi les 227 pays classés.

Voici les chiffres: 2001 & 2002 = 31e sur 227
2003 = 30e : la Polynésie avait gagné une place.
Puis, 2004 = 36e et enfin 2005 = 37e ....

L'effet Temaru a donc été rapide et "efficace", dans son genre.

Le graphique ci-contre illustre cette situation, les chiffres de 2004 sont déjà en baisse, et cette baisse a continué en 2005.

Les nombres indiqués indiquent l'écart entre la Polynésie et le dernier des 227 pays: le Burundi.

L'édition 2007 ne donne malheureusement pas les chiffres pour 2006 et on attend avec impatience l'édition 2008.

Biensur, ce ne sont que des chiffres et on peut surement trouver des excuses. Le PNB par habitant n'illustre pas l'écart entre les riches et les pauvres. C'est vrai. Mais c'est également vrai dans tous les 226 autres pays il me semble.

Tout de même, entre 2001 et 2005, la Nouvelle Zélande et l'Australie ont progressé (respectivement 25e et 21e) alors qu'en 2003 Tahiti était devant la Nouvelle Zélande (30e contre 44e).

Qu'ont fait les autres petits pays du Pacifique ?

* Fidji est resté continuellement à la 115e place
* Tonga est passé de 137 à 141
* Vanuatu est passé de 149 à 148
* Tokelau de 96 à 93
* Nauru de 56 à 55

Bref, on constate que la Polynésie, sous le terrible joug colonialiste français, n'était peut être pas si mal placée que ça, et qu'elle a très rapidement perdu des plumes avec la politique d'Oscar Temaru.

En Octobre 2007, l'institut Standard & Poors a déclassé la note de la Polynésie avec l'arrivée d'Oscar, il l'a abaissé à BBB+ avec une vision négative sur l'avenir.

Antony Geros a aussitôt parlé d'ingérence inexcusable dans les affaires du Pays.

Oscar répond que Tahiti Nui est beaucoup moins endetté que la France. C'est vrai que l'hexagone est drôlement endetté. Mais à entendre les économistes, tout le monde veut bien prêter à la France. Elle n'est pas encore à bout de souffle.

Cette note (BBB+) de la Polynésie revue à la baisse donc, signifie qu'il sera plus difficile de trouver des créanciers pour le Pays, ou en tout cas sous des conditions moins favorables.

Voilà un deuxième effet Temaru.

Par ailleurs, l'augmentation du SMIG à 150 000F risque d'augmenter l'inflation, ce qui va pénaliser encore davantage "les petites gens" qui ne sont même pas au SMIG (Pêche, petits boulots, fa'apu, ...), et la décision toute récente de baisser à 7000 CFP le loyer des logements sociaux ne va pas permettre de beaucoup remplir les caisses. Ceux qui ne payaient pas continueront, et les autres verseront moins d'argent.

On imagine donc ce que tout cela pourrait donner sur 5 ans ou 10 ans, voire bien plus.

La solution ? On n'augmente pas le SMIG, on fait baisser les prix en diminuant ou supprimant les taxes. Pour compenser, on instaure l'impôt sur le revenu (disons à partir de 350 000F).

Mais ça, c'est beaucoup moins démagogique et électoraliste.

Autre solution ? On arrête de faire croire à tout le monde qu'on peut être autonome et on reste bien sagement au chaud au sein de la République Française.

On comprend que certains Polynésiens soient fiu d'être téléguidés depuis Paris à 18 000 km (le sont-ils vraiment ?), qu'ils aient envie d'être peinards, de diriger eux mêmes leur business, mais tout de même, quand on pèse le pour & le contre, il me semble qu'on comprend vite ce qu'il faut faire, et surtout pour qui il vaut mieux ne pas voter...

Ainsi, avec le recul, on voit donc que ce qui pouvait sembler séduisant à certains au départ, risque bien de précipiter en fait le fenua dans le mur des lamentations du Pacifique sud.

Comme les Tonga et autres Tuvalu, qui chaque année y rajoutent une pierre.


Le côté Oscar de la farce.